Régime anti-sucre ou détox sans sucre : prêt(e) à zapper le sucre ?
Par Isabelle EUSTACHE 29/06/2018 18:09

Il ne s’agit pas d’une nouvelle méthode révolutionnaire qui permettrait de fondre à condition de vivre sans sucre. La cure détox sans sucre ou le régime anti-sucre souligne l’excès de sucre que nous subissons tous au quotidien et propose d’y remédier ponctuellement ou durablement. Cette dernière version semble la meilleure avec à la clé des effets à la fois sur le poids et la santé. Alors prêt(e) à zapper le sucre ?

 

On baigne dans le sucre

Après le gras, c’est au tour du sucre d’être dans le collimateur des lanceurs de régimes. Or le sucre se cache partout, y compris dans le salé, et sous une multitude de formes : sucres simples, sucres complexes, saccharose, sirop de glucose, maltodextrine, fructose… C’est simple, du lever au coucher, nous absorbons du sucre : céréales du petit-déjeuner, confitures, pâtes à tartiner, barres, bonbons, chocolats, biscuits, gâteaux, viennoiseries, desserts lactés, crèmes, fruits, jus de fruits, sodas, etc. Comme avec les graisses, une grande partie de nos apports se fait à notre insu, via le sucre « caché ». Par exemple, toutes les préparations industrielles salées et sucrées en contiennent. Eh oui, il y a du sucre dans le pain de mie, les sauces, les plats cuisinés…

Nous sommes par ailleurs très attachés au sucre « plaisir », voire addicts. Pour certains, jamais de fin de repas sans dessert sucré ; pour d’autres, le sucre est une petite douceur anti-stress ou un aliment anti-déprime. Et pourtant, nous avons tous conscience que notre consommation de sucre est trop élevée et qu’elle retentit sur notre ligne… Donc avant de nous demander d’abandonner le sucre, il va falloir apporter de sérieux arguments !

Pourquoi diaboliser le sucre ?

Le sucre est la première source d’énergie de l’organisme. Apporté par l’alimentation, le sucre augmente le taux de glucose dans le sang (la glycémie), c’est ce que l’on appelle le pic glycémique postprandial, lequel déclenche la libération d’insuline, hormone pancréatique qui facilite la pénétration du glucose dans les cellules, au niveau du muscle, du foie, et dans les cellules graisseuses. Lorsqu’il est apporté en excès par rapport à nos besoins, le glucose est davantage stocké sous forme de graisse, contribuant alors à l’embonpoint. Mais le sucre a également une activité pro-inflammatoire impliquée dans la plupart des grandes maladies chroniques. Ainsi, le sucre n’est pas seulement responsable du diabète, maladie liée à une carence ou à un dysfonctionnement de l’insuline, mais il contribue aussi aux cancers, à l’obésité, aux maladies cardiovasculaires, etc. 

Le principe du détox sans sucre

L’objectif raisonnable n’est pas d’éliminer complètement le sucre, mais de diminuer fortement nos apports sucrés (c’est-à-dire en sucres simples ou glucides simples, lesquels sont associés au goût sucré, par opposition aux glucides complexes que l’on trouve par exemple dans les pâtes et les céréales). Parallèlement, il faut veiller à conserver des apports raisonnables en lipides (graisses) et protéines (viande, poisson, œuf), les deux autres catégories alimentaires indispensables à notre organisme. Autrement dit, pas question de compenser la baisse du sucre par une hausse des matières grasses ou d’en profiter pour rationner aussi les protéines.

Comment procéder ?

Contrôlez vos apports en sucre

Se fier aux étiquettes des produits industriels pour acheter les moins sucrés possible est insuffisant, car le sucre ajouté peut y être mentionné sous de multiples appellations et parfois là où on ne s’y attend pas. Le plus sûr est de supprimer les sucres « cachés », et pour cela de revenir à une cuisine « maison », élaborée par vous-même à partir de produits de base non transformés : des fruits et des légumes achetés sur le marché, des céréales et des féculents non cuisinés industriellement. Autrement dit, exit les plats tout préparés. De même, pour les biscuits et les gâteaux, si vous les confectionnez vous-même, vous pouvez facilement diminuer la quantité de sucre (et gérer la matière grasse par la même occasion). C’est la seule façon de régenter au plus près vos apports en sucre et de les diminuer progressivement.

Débutez progressivement

Commencez par paliers, au risque d’être victime d’un « phénomène de manque » pour les plus grands consommateurs de sucre. En effet, le sucre agit sur le système cérébral de récompense. C’est pour cela que l’on se tourne naturellement vers les produits sucrés en cas de stress ou de déprime. Ils nous apportent du réconfort. C’est aussi la raison pour laquelle, nous vous suggérons dès l’amorce d’un régime détox sans sucre de renforcer l’activité physique qui, elle aussi, stimule notre système de récompense.

Tous les sucres ne sont pas équivalents sur la glycémie

Certains sucres ont un impact glycémique moindre. Le sucre de table peut ainsi être remplacé par du miel ou du sirop d’érable par exemple. Les édulcorants peuvent aussi rendre service, mais il faut savoir qu’ils ont l’inconvénient d’entretenir notre goût pour le sucré. Il faut donc aussi apprendre à s’en passer progressivement.

Consommé seul, le sucre augmente très rapidement la glycémie. Il est donc préférable de ne pas manger sucré en dehors des repas, et idéalement en fin de repas plutôt qu’en début.

Quid des frustrations

Certains régimes anti-sucre préconisent des cures de 3 ou 7 jours. La baisse des apports glucidiques est alors assez brutale, drastique et génère des frustrations, ce qui rend ce type de diète difficile à suivre dans la durée. Or dans un objectif santé, c’est justement le long terme qu’il faut viser. On conseille donc de faire exactement l’inverse : commencer progressivement, limiter raisonnablement et s’accorder quelques écarts, quitte à compenser les jours suivants. On acquiert ainsi de nouvelles, bonnes et saines habitudes alimentaires pour la vie.

 

En effet, en plus de son effet sur le poids, cette alimentation (très modérée en glucides simples) est excellente pour la santé et pour prévenir la plupart des maladies chroniques. À condition bien sûr, de rester raisonnable, c’est-à-dire de limiter et de ne pas exclure une catégorie alimentaire. Rappelons que pour fonctionner de façon optimale, notre organisme a besoin en quantité pondérée d’un peu de tout, pensez donc aussi à la variété. Ce sont les excès qui sont préjudiciables. Concernant les glucides, ceux naturellement contenus dans les fruits, les légumes, les céréales complètes et les légumineuses suffisent amplement à couvrir nos besoins. Il s’agit donc bien d’en finir avec les excès de sucre.

Enfin, faites du sport et n’hésitez pas à en parler à votre médecin, il peut vous aider et vous donner de judicieux conseils personnalisés.

 

Sources :

Dr Pierre Nys, endocrinologue-nutritionniste, Programme sucre détox en 7 jours, Éditions Leduc S.

Charlotte Debeugny, Comment j’ai décroché du sucre, Éditions Marabout.