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Entretien avec Jordan Coelho
Par Team EAFit 06/04/2016 15:11

Fraichement champion de France du 200m papillon pour la sixième fois d’affilée, Jordan Coelho est venu nous rendre visite avec le sourire pour évoquer son titre et ses prochains grands rendez-vous.

  • Jordan, bravo une nouvelle fois pour le titre ! Comment as-tu vécu ces championnats ?

Merci ! Bien puisque le titre est une nouvelle fois acquis. L’ambiance était pourtant moins à la compétition pure que d’habitude.

  • Dans quel sens ?

La natation reste un sport où tu veux toucher le bord en premier, où le rapport de force est très présent. Pour ces championnats c’était une véritable course au chrono pour aller aux Jeux. Le stress était vraiment palpable surtout que les minimas imposés par la Fédération apparaissaient difficiles. Tout le monde était focalisé là-dessus plus que sur sa position finale. Avant ma finale, un seul nageur avait réussi à se qualifier …

  • Tu ne finis pas loin, 1’56"49 contre 1’55"27 imposé, tu n’es pas trop déçu ?

Non, la médaille est là, je signe un bon chrono, la 6e performance mondiale et la 2e performance européenne de l’année et je me qualifie pour les championnats d’Europe en Mai. Le travail est fait malgré le climat et une forme physique un peu en deçà de d’habitude. Même si les Jeux n'étaient pas en poche, tout restait possible.

  • Comment fonctionne ce système ?

Il y a deux chronos à réaliser pour se qualifier. Tout d’abord celui imposé par la FINA, la Fédération Internationale de Natation puis celui de la Fédération Française. Je n’en ai réalisé qu’un sur les deux. Seulement cinq ont réussi à se qualifier directement. La Fédération a eu la possibilité de rallonger cette liste de six nageurs et six nageuses pour compléter son équipe. Elle a pris en compte la différence entre les temps réalisés et ceux imposés. J'étais 5e avec le moins grand écart donc le rêve était permis.

  • Tu avais bon espoir ?

Frédéric Bousquet, nageur emblématique de l’Equipe de France, était sixième sur la liste. Si la Fédération voulait l’emmener pour lui faire vivre sa dernière grande compétition, j’y étais donc forcément. J'avais bon espoir qu’elle pense comme moi (sourire).

  • La préparation pour une grande compétition est-elle différente ?

La préparation en natation est toujours la même. Un cycle où tu prépares le temps de qualification et un autre où tu prépares la compétition.

Elle était différente car le premier cycle a été beaucoup plus long. Depuis Septembre, tu ne te prépares uniquement qu’aux championnats de France, pour réaliser le temps qualificatif. Il y a donc moins de musculation et plus de travail en bassins dans les programmes d’entrainement. C’est un objectif important dans une saison est une carrière donc il n’y a pas d’impasse.

  • Maintenant que le premier cycle est terminé, comment va se passer le second ?

Cela dépendra de ma participation ou non aux Championnats d’Europe.

  • Tu ferais l’impasse ?

On y pense avec mon entraineur. C’est une belle opportunité de se confronter au gratin européen mais se concentrer uniquement sur les Jeux permettrait de mieux les préparer. Dans les deux cas il y aura une phase de foncier pour basculer par la suite sur du spécifique (explosivité, puissance …).

  • On te sent serein avant d’aborder tout ça. C’est juste une impression ?

Une fin de saison est toujours plus sereine. Le stress des qualifications est passé, la sélection aux Jeux annoncée, la pression est retombée. A tout ça se mélange l'excitation de la qualification mais je ne panique pas je sais qu'il va falloir travailler encore plus dur pour être prêt. Je m'attends d'ailleurs à souffrir après ma semaine de repos.

  • Est-ce que tu as porté une attention particulière à la nutrition avant ces championnats ?

La nutrition est devenue une composante intégrale de mes entrainements et de mes compétitions. Les produits me suivent au quotidien. Nous n’avons donc rien changé et force est de constater que ça a payé.

  • Tu as un plan bien précis de ce que tu dois prendre selon les moments ?

C’est devenu une vraie routine. En entrainement j’ai toujours dans mon sac un shaker de Pure Whey en sortie de nage ou de musculation pour la récupération musculaire et des barres énergétiques pour recréer mes stocks d’énergie. J’intègre à présent les BCAA pour récupérer plus vite également et des Protergy Barres si j’enchaine nage et musculation pour une bonne combinaison protéines/glucides.

En compétition, je me prépare une gourde de Boisson Energétique +4h, riche en maltodextrines, que je bois en étalé sur deux heures avant de monter sur le plot. Entre les courses, j’utilise la boisson Post Effort, le gel défatigant et une dosette Finisher juste avant la course.

  • Est-ce que tu as ressenti une différence depuis la mise en place de cette stratégie ?

Physiquement, je récupère mieux c’est indéniable. Ça aide donc au quotidien à mieux supporter les entrainements et en compétitions à enchainer les courses sur peu de temps.

Mentalement, c’est également devenu une aide précieuse. Je sais que le travail a été fait de ce côté et que j’ai sûrement mieux récupéré que le mec à ma droite qui n’aura pas pris en considération ce détail. Et quand tu prends le Finisher juste avant de plonger, tu te dis que tu vas aller deux fois plus vite ! (Rires)

  • Avant d’être sponsorisé par EAFIT, t’intéressais-tu déjà au lien entre performances et nutrition ?

L’INSEP a ses propres partenaires et nous avions accès à certains produits. Si nous voulions des produits précis tout au long de l’année, il fallait les financer soi-même. On est donc conscient que cela peut nous aider mais le coût pouvait être un frein.

  • EAFIT est donc un gros soutien ?

Oui, quand vous savez que vous ne manquerez de rien à ce niveau-là, c’est déjà de la sérénité de gagnée. Tu prends aussi conscience que tu mets les pieds dans le professionnalisme, que l’on compte sur toi. C’est motivant, tu as envie de donner encore plus.

  • Comment as-tu choisi EAFIT ?

En réalité c’est EAFIT qui est venu me chercher (sourire). J’étais agréablement surpris et très vite emballé quand on apprend qu’Alain Bernard a été médaillé d'or en 2008 sous l’étendard de la marque. J’ai donc dit oui sans hésiter. J’en suis très heureux, nous avons d’excellentes relations et le fait d’être à quelques kilomètres des bureaux est très pratique et rassurant.

  • Est-ce que les autres nageurs s’intéressent, te posent des questions ?

Oui plusieurs nageurs viennent me voir, me demandent ce qu’il y a dans la gourde ou dans le shaker. Les produits plaisent car si les pots américains fluo à l’effigie de Schwarzi avaient la côte dans les vestiaires, ils sont petit à petit remplacés par des pots EAFIT !

  • Ta meilleure place en championnats du Monde est 13e, sais tu ce qu'il te reste à améliorer pour voir plus haut ?

De la puissance. Quand je vois certains nageurs sur 100m papillon, je me dis qu'il faut que je gagne en masse musculaire et en puissance pour rivaliser.

  • N'as tu pas peur de ce fameux rapport poids/puissance si difficile à trouver ?

Je n'ai jamais eu un physique à faire du gras ou à prendre énormément de volume. Mais je n'ai pas peur de prendre de la masse et de passer par cette étape pour franchir des paliers.

  • Ta stratégie nutritionnelle va donc évoluer ?

Oui je souhaite mettre en place un plan d'entrainement et de nutrition précis sur ce point pour atteindre de nouveaux objectifs. Je compte d'ailleurs me rapprocher plus de la marque et profiter des connaissances et de l'expérience des personnes y travaillant pour y parvenir.

  • Pour finir, que peut-on te souhaiter pour les prochaines échéances ?

Au moins une demi-finale en espérant aller jusqu'en finale aux Jeux !