Minceur : que penser du régime 5:2 ?
Par Isabelle EUSTACHE 29/06/2018 18:28

Ce régime minceur en provenance d’outre-Manche allie détox et plaisir, avec à la clé des kilos en moins. Si on y regarde de plus près, cela revient à suivre un régime très restrictif deux jours sur sept. Alors, bonne ou mauvaise idée ?

D’où vient ce régime 5:2 ?

Ce régime a été élaboré au Royaume-Uni dans un centre de recherche contre le cancer du sein, par le Dr Michelle Harvie, diététicienne, et Tony Howell, professeur d’oncologie. L’excès de poids étant un facteur reconnu favorisant le cancer du sein, l’objectif était d’aider les patientes à contrôler leur poids. Dans la mesure où les restrictions caloriques sont difficiles à suivre sur le long terme, l’idée était de proposer un programme minceur plus souple : réduire de 25% ses apports caloriques durant seulement deux jours par semaine.

Privation, « jeûne », « détox » : 2 jours par semaine

Cette idée a donné naissance au régime 5:2, que certains résument comme deux jours de jeûne ou de détox, durant lesquels l’organisme est incité à puiser dans ses réserves, et 5 jours d’alimentation dite « plaisir », néanmoins « raisonnable ».

Concrètement, les apports sont à limiter à 500 kilocalories par jour pendant deux jours sur 7, d’affilés ou espacés, tout dépend de la résistance à la frustration de chacun. Les hommes peuvent monter à 700 kcal.

Durant cette phase de restriction calorique, les céréales raffinées, féculents, charcuterie, pain blanc, sucre, alcool sont bannis. Il est nécessaire de se rabattre sur certains légumes, les céréales non transformées (flocons d’avoine, pain complet, pâtes complètes, pommes de terre cuites avec la peau, etc.), les fruits pauvres en glucides, les protéines (poisson, œufs, poulet, autres viandes maigres…) et quelques laitages demi-écrémés, mais avec parcimonie car 500 ou 600 kcal pour toute la journée, c’est très vite atteint. Pour éviter tout problème rénal, cette diète est à compléter avec 2 litres quotidiens de boisson sans sucre. 

Bien entendu, ce type d’alimentation est contre-indiqué aux femmes enceintes, allaitantes, aux enfants et ados, aux personnes atteintes d’une maladie chronique, y compris rénale, de troubles alimentaires, de dépression, etc.

Une fois le poids visé atteint, on passe en mode entretien, c’est-à-dire à la phase régime 6:1, soit une seule journée de restriction dans la semaine au lieu de deux. 

Pour quel résultat ?

Les tests effectués jusqu’à présent indiquent qu’avec ce régime, on peut espérer perdre entre 0,5 et 1,4 kg la première semaine et 5,8 kilos en 3 mois. Ce qui peut sembler très attractif sachant qu’avec un régime classique équilibré, on dépasse à peine les 2 kilos. Or il est conseillé de ne pas perdre plus d’un kilo par mois pour se maintenir en bonne santé et pour pérenniser la perte de poids.

Quelques avantages

  • Très peu de jours de restrictions, ce qui laisse toute latitude pour continuer à mener une vie sociale, familiale et professionnelle « normale ». En cas de sorties, d’invitations, de repas de famille, il suffit de décaler les jours de régime.
  • Avec seulement deux jours de diète sévère par semaine, il semble plus facile de tenir sur la semaine entière. 
  • Pas de balance ni de calories à comptabiliser : la méthode propose des listes d’aliments autorisés et défendus et des nombres de portions.

De gros inconvénients

  • Même courte, la période de restrictions est très sévère, avec un risque important de compenser ses frustrations les 5 jours suivants avec une « vraie alimentation plaisir » et non pas « raisonnable », ce qui ruinerait tous les efforts entrepris.
  • L’alternance entre 2 jours de quasi jeûne et 5 jours d’alimentation normale est très brutale pour l’organisme, qui a inversement besoin de stabilité pour un fonctionnement optimal.
  • 500 ou 600 kcal par jour, c’est très peu et cela pourrait peut-être inciter l’organisme à faire des réserves, à stocker davantage les jours d’abondance.
  • Ces périodes de frustration puis de relâchement ne sont pas propices à de véritables changements dans les habitudes alimentaires. Or ce n’est qu’en modifiant notre comportement sur le long terme que l’on peut réussir à stabiliser notre poids.

Nos conseils

  • Consultez votre médecin avant de vous lancer dans un régime amaigrissant.
  • Évitez les régimes alimentaires non équilibrés.
  • Fixez-vous un objectif raisonnable : par exemple en dehors de tout programme d’entrainement, ne pas perdre plus d’un kilo par mois.


Source : Michelle Harvie et Pr Tony Howell, 2 jours de détox, 5 jours de plaisir, Editions Michel Lafon.

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